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vendredi 19 octobre 2012

Une alliance pour la gestion publique de l'eau

C'est ce que l'on appelle un acte fondateur. Vendredi dernier, au Conseil général des Landes, l'Alliance France eau publique a vu le jour. Pour le grand public, cette entité peut paraître abstraite. Elle concerne pourtant la gestion du bien sans doute le plus précieux : l'eau.

Aujourd'hui, les collectivités locales peuvent gérer la production et la distribution d'eau potable ainsi que l'assainissement de deux manières : en régie directe ou par délégation de service public. Henri Emmanuelli mène un combat depuis de nombreuses années en faveur de la régie publique et a mis en œuvre au sein du Département des règlements qui aident les collectivités optant pour un choix de gestion publique.

Une décision largement contestée par les sociétés privées de gestion de l'eau qui estiment cette politique de soutien déloyale et portant atteinte à la libre administration de ces collectivités. Le Conseil d'État et le Conseil constitutionnel ont donné raison au Conseil général au terme d'un long feuilleton juridique qui n'est d'ailleurs pas terminé.

« Transparence »

Les sociétés privées sont regroupées au sein de la Fédération professionnelle des entreprises de l'eau (FP2E). Les collectivités optant pour la régie ont voulu créer en quelque sorte le pendant à cette fédération en donnant naissance à cette Alliance. L'enjeu, que défendent d'ailleurs tout autant les régies que les entreprises privées, est d'offrir l'eau au prix le plus bas aux consommateurs que nous sommes. « Les régies historiques étaient isolées, explique Christophe Lime, adjoint au maire de Besançon. Là, on rassemble les énergies pour une plus grande efficacité dans la gestion publique de l'eau face aux multinationales privées. La transparence et le droit à l'eau inaliénable et primordial sont nos principes fondateurs ».

Quatorze collectivités locales des quatre coins de France, dont le Sydec (Syndicat d'équipement des communes des Landes) sont à l'origine de cette initiative. On y retrouve notamment la Ville de Besançon, l'agglomération de Grenoble, le Syndicat départemental du Bas-Rhin, de la Vienne, l'agglomération des lacs de l'Essonne, Noréade (Pas-de-Calais, Somme, Aisne), ou encore les Eaux de Paris. « Cette Alliance va favoriser la collaboration et l'entraide des régies, dans une volonté partagée qui va au-delà des clivages politiques », ajoute Christophe Lime.

À ce jour, près de 200 collectivités locales, représentant 27 millions d'habitants sur l'Hexagone, gèrent le service de l'eau en régie. Les autres le confient par délégation de service public aux entreprises privées. « Les régies ont décidé de se regrouper pour un rapport de forces qui n'est pas négligeable, il faudra aussi le faire au niveau de Bruxelles », souligne Henri Emmanuelli. « On souhaite envoyer un signal fort avec une structure d'appui et une expertise, on sert le public quand d'autres vendent de l'eau », prévient Gabriel Amard, des Lacs de l'Essonne. L'Alliance, tout comme la FP2E, fera partie de la Fédération nationale des collectivités concédantes et des régies.

vendredi 13 avril 2012

Les enjeux de l'eau et les collectivités territoriales.

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A. Garrigues | Dossiers d'actualité | Publié le 20/02/2012
La gestion de l'eau est en pleine effervescence. Elle ne limite plus à traiter et distribuer de l'eau potable d'un côté, récupérer des eaux usées et les épurer de l'autre : la prise en compte du milieu naturel est désormais fondamentale et oblige les collectivités à prendre en compte une multiplicité d'enjeux, qui tiennent à la fois à la place de l'eau dans la ville, à son impact sur les milieux naturels et sur la santé humaine, et à la prévention des pollutions liées aux activités humaines.
Alors que pendant de nombreuses années les collectivités ont eu tendance à se dessaisir de la gestion de l’eau et de l’assainissement et à la déléguer aux entreprises privées, on assiste depuis plusieurs années à une montée en puissance de cette thématique et des enjeux politiques qui y sont associés.
Pour certaines collectivités, il est fondamental de gérer ce service en régie publique, pour d’autres, il s’agit d’assurer un contrôle plus poussé des entreprises délégataires, avec dans les deux cas la volonté de faire baisser le prix de la facture d’eau pour les usagers et d’apporter une aide spécifique aux ménages défavorisés.

Le grand cycle de l’eau
Pourtant, la gestion de l’eau s’est considérablement élargie au fil du temps et son coût ne va aller qu’en augmentant, alors que les volumes d’eau consommés – sur lesquels sont assises les recettes des services – sont en baisse constante.
Les collectivités territoriales ne peuvent plus se limiter au « petit cycle de l’eau », qui fait référence aux réseaux et aux usines d’eau et d’assainissement, mais doivent désormais s’intéresser au « grand cycle de l’eau », qui prend en compte le milieu naturel et la qualité de la ressource en eau.

Vers une gestion intégrée de l’eau
Ainsi, plutôt que de mener des actions curatives – en collectant et traitant les eaux usées -, l’heure est à une gestion plus intégrée de l’eau et aux actions préventives, afin d’empêcher ou tout du moins de réduire les pollutions environnementales.
Cela concerne également une meilleur prise en compte des eaux pluviales qui doit aller vers une gestion de l’eau à la parcelle : plutôt que de construire de gigantesques bassins de stockage et réseaux pour gérer ces flux, il est préférable d’implanter localement des dispositifs d’infiltration de ces eaux ou de récupération et réutilisation.
Une enveloppe de 13,8 milliards d’euros - Les 10e programmes des agences de l’eau qui vont être définis par un long processus échelonné sur l’année 2012 vont acter ces évolutions.
Elaborés dans chacun des six bassins hydrographiques métropolitains ainsi que dans ceux d’Outre-mer, ces programmes vont soutenir les politiques publiques avec une enveloppe de 13,8 milliards d’euros étalée sur la période 2012-2017. Un montant qui a d’ailleurs été plafonné dans le cadre de la loi de finances pour 2012 [1], rigueur budgétaire oblige.

samedi 12 février 2011

Durée des contrats de délégation, l'état contre attaque ?

L'arrêt dit "Commune d'Olivet" a apporté un jour nouveau sur la durée des délégations d'eau et d'assainissement en déclarant que les contrats de plus de 20 années se termineront en 2015 au plus tard. C'est le cas des contrat signé depuis 1995 mais ce n'était pas le cas des contrats plus ancien comme celui d'Olivet (99 ans)...

Le ministère a régit en publiant une circulaire ministérielle : N° 10-029-M0 du 7 décembre 2010 qui redéfinit les contraintes pesant sur les longues délégations et surtout minimise le cas d'Olivet en laissant entendre de possible dérogations !

La loi Sapin (1993), puis Barnier (1995) ont permis de limiter les durées maximales des contrats de délégation à 20 années. Le cas d'Olivet (délégation de 99 années avec CGE devenu Vivendi puis Véolia entre temps) permet d'étendre cette durée maximale aux contrats précédemment signés et ce à partir de 2015.

Une circulaire a lire donc avec attention pour les défenseurs des services publics (eau, assainissement et déchets) qui sont face a de vieux et long contrat...

lundi 11 octobre 2010

Water Makes Money : les dessous du commerce de l'eau

Le film Water Makes Money (Leslie Franke et Herdolor Lorenz) est diffusé depuis le 23 octobre un peu partout en France et à l'étranger par les associations de défense de l'eau publique.

Quelques réactions :
Blog de Nadja

Le film de l’automne : Water Makes Money
Une co-production de KERNFILM avec Achille du Genestoux et La Mare aux canards de Leslie Franke et Herdolor Lorenz en coopération avec Christiane Hansen, Jean Luc Touly,Marc Laimé, Markus Henn et aquattac.

Un film digne des meilleurs polars où il est question de la gestion de l’eau par Veolia et Suez, de ce fameux  modèle français de l’eau,  de la corruption institutionnalisée au cœur du pouvoir financée par les citoyens , droits d’entrée, contrats secrets,  pantouflage (l'échange avec l'entreprise privée de managers en place à des postes-clés et issus de la bureaucratie d'État. Stéphane Richard, auparavant chef de Veolia Transport, est depuis 2007 directeur de cabinet au ministère de l´économie et des finances. Le PDG de Veolia, Henri Proglio, entretient des liens très amicaux avec Rachida Dati, la ministre de la Justice, ce qui lui procure un excellent contact direct avec le gouvernement Sarkozy/ Fillon. Dominique de Villepin, ministre des Affaires étrangères en 2002, puis ministre de l'Intérieur et enfin Premier ministre entre 2005 et 2007, pantoufla brièvement chez Véolia comme conseiller international. Sylvain de Forges, directeur financier de Veolia depuis 2003, est en même temps PDG de la puissante Agence France Trésor, l'organe du Ministère des Finances chargé de la gestion du patrimoine et des dettes de l'État. Rainier d'Haussonville, l'actuel directeur de Veolia pour les Affaires européennes, a été jusqu'en 2004 chef du Secrétariat général des affaires européennes au Ministère des Affaires étrangères, avant d'être nommé Conseiller aux affaires économiques européennes dans le Cabinet du Premier Ministre (2005-2007). Le politologue Gérard Le Gall, conseiller du premier ministre Jospin pour les sondages d'opinion, a quitté son poste à l'université en juin 2004 pour rejoindre Suez. Jean-Pierre Denis, chef de Dalkia, le pôle Énergie de Veolia-Environnement, après avoir démissionné de son poste de secrétaire général adjoint de l'Elysée, est resté conseiller de Jacques Chirac. Avant la dernière élection présidentielle de 2007, Eric Besson était, avant de s'allier à Sarkozy, responsable du programme économique du parti socialiste. Auparavant, entre 1998 et 2002, il avait été à la tête de la Fondation Vivendi (aujourd'hui Véolia)…. On y aborde aussi le problème de la  dégradation de la qualité de l’eau  auquel ces multinationales ne proposent  qu’une seule solution : le traitement  par leurs services. Le film met en évidence l’incurie ordinaire dans l’entretien des réseaux d’adduction : nul besoin de combler les fuites puisque le citoyen paie les m3 perdus, nul besoin de garder le personnel d’entretien  puisqu’il suffit de chlorer ! Dans un mémorandum à l'adresse du commissariat européen à l´environnement de fin 2007, Veolia pose la question : « peut-on justifier que le client paie un prix de l´eau plus élevé à cause d´une gestion protectrice » (mesures prises pour réduire la consommation d´eau, pour la protection des eaux souterraines) » alors que l'exploitation de nouvelles ressources revient moins cher ? » En d´autres termes, lorsque la remise en état de tuyaux défectueux, et l´utilisation à long terme des eaux souterraines existantes revient plus cher que le recyclage des eaux de surface, que l´assainissement des eaux usées ou que le dessalement, pourquoi réparer des tuyaux et protéger les eaux souterraines ? 


Pourquoi parler de développement durable si ces mesures réduisent la consommation de l´eau et de ce fait les bénéfices de Veolia ? ! 
Officiellement, et surtout en Allemagne, Veolia revendique cette étiquette, écrit des rapports détaillés sur le développement durable et proclame des prestations brillantes en matière d´environnement. Comment expliquer cette image alors qu´à Bruxelles sa politique est uniquement orientée vers le profit et ignore ces mêmes ressources naturelles ?

Désespérant, désarmant, ce film ? Non, car heureusement leurs auteurs nous présentent toutes les alternatives déjà en marche un peu partout en Bolivie, en France, en Allemagne aux Etats-Unis…Plus de 90% de la gestion des eaux en Allemagne se fait en régie communale. L´eau potable n´y est chlorée que dans des situations exceptionnelles, En France, où les opérateurs privés distribuent plus de 80% de l´eau, c’est la règle. Des villes comme Grenoble, Bordeaux, Toulouse, Paris ont mis en évidence l’échec du modèle français de l’eau et prouvent la nécessité d’un retour à la gestion directe véritable alternative démocratique et économique pour la préservation de la réserve en eau et  sa qualité et la  protection de la santé des consommateurs. Une solution à portée d’élus responsables et intègres. Un film  intelligent  financé par les contributions des citoyens, réquisitoire implacable, à faire circuler le plus largement possible.

dimanche 12 septembre 2010

La région Bretagne aidera le retour en régie

Water Edge (Laura Bell, 2008)
Le président de la région Bretagne s'est engagé, en juin dernier, a inscrire au budget régional 2011 une ligne budgétaire destinée à "l'aide à la décision des collectivités locales souhaitant revenir à une gestion publique de l'eau".
Cette aide aura pour objectif d'aider au financement d'audits pour étudier un retour en régie par exemple.

Cette annonce, à suivre, est un signe fort de la région Bretagne en faveur de gestion en régie. Le conseil régional de Bretagne avait déjà manifesté sa volonté de prendre en charge une compétence "Eau".

On se souviendra aussi de l'initiative du département des Landes qui en 1996 avait attiré les foudres de Véolia notamment en ayant acté une plus-values sur les aides départementales des communes en régie pour l'eau et l'assainissement.
Après un combat juridique de plusieurs années, le département avait obtenu gain de cause en 2006. En 1994, 62 communes étaient en régie, c'est désormais 162 qui le sont (sur 332).

Voir les annonces :