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dimanche 15 avril 2012

Mettons l'eau et la démocratie à l'agenda politique!

La coordination Eau Île-de-France s’adresse aux candidats
aux élections présidentielles et législatives
La Coordination Eau-Adour-Garonne soutient pleinement l'initiative de la coordination eau Îles de France, de s'adresser aux candidats aux prochaines élections.

AU NIVEAU GLOBAL

Le Forum mondial de l’eau qui vient de se tenir à Marseille, est discrédité comme cadre d'élaboration d'une politique mondiale de l'eau qui est pourtant nécessaire. Le Forum alternatif mondial de l’eau a appelé à la création d’un nouvel organisme international placé sous l’égide de l’ONU et à l’organisation d’un nouveau forum en octobre 2014, car la crise mondiale de l’eau exige un sommet légitime, transparent et responsable. Quelle instance verriez-vous au niveau international pour garantir le droit à l'eau, promouvoir ce bien commun et assurer sa préservation?
L'eau ne s'arrête pas aux frontières. De nombreux bassins sont transfrontaliers et la plupart des grands fleuves du monde parcourent plusieurs pays. Quinze ans après sa rédaction, la convention n'est toujours pas ratifiée par un nombre suffisant de pays. L'eau subit en premier les conséquences du changement climatique, problème global s'il en est. Seriez-vous prêt à dépasser le principe de la souveraineté nationale pour résoudre ces questions?
EN FRANCE
La domination de quelques entreprises privées sur la gestion de l’eau et de l’assainissement, avec pour corollaire la cherté des tarifs et l’opacité des comptes, est fortement remise en cause par les usagers-citoyens, leurs associations et des collectivités de plus en plus nombreuses. Mais celles-ci n’ont pas toujours les moyens de faire un autre choix faute d’expertise suffisante. Etes-vous favorable à ce mouvement de reconquête de la gestion publique ? Si oui, quel dispositif comptez-vous mettre en place pour le soutenir et l’amplifier ?
NB : les candidatEs aux élections législatives seront également interrogés sur leurs engagements en faveur d'une gestion publique dans leur circonscription.
Dans le système actuel de gestion de l'eau en France, les usagers citoyens sont marginalisés. Ils sont souvent mal informés et rarement consultés sur des décisions importantes (comme le mode de gestion de l'eau) qui ont des conséquences dans la vie quotidienne (tarif) et qui dépassent par leur durée d'application le mandat des élus. Pourtant l'intérêt des citoyens est très fort pour ce sujet. Le référendum d'initiative populaire qui s'est déroulé en Italie en juin dernier, des exemples analogues à plus petite échelle dans différentes villes européennes montrent l'engagement des citoyens en faveur de l'intérêt général. Que pensez-vous de la proposition de consulter de façon systématique à chaque changement de mode de gestion ou renouvellement de contrat l'ensemble des usagers du territoire concerné ?
En France, environ deux millions de personnes, selon la commission nationale consultative des droits de l'homme, n'ont pas d'accès matériel à l'eau dans des conditions dignes. C'est le cas des gens du voyage, des SDF, des squatters, etc. Et la facture d'eau peut atteindre près de 10% du budget des plus démunis, en Île-de-France ! Etes-vous favorable à l'interdiction des coupures d'eau ? A la mise en place obligatoire de points d'eau et de toilettes publiques en accès libre dans toutes les villes ? A la suppression de l'abonnement et à la gratuité pour une première tranche correspondant au besoin vital de chaque personne ? Quelles autres mesures proposeriez-vous pour que le droit à l'eau devienne effectif aussi en France ?
AGRICULTURE, ÉNERGIE, MODE DE VIE
Après les procédures européennes contre la France pour non respect de la directive cadre sur les eaux résiduaires, la France est poursuivie depuis le 27 février pour non respect de la directive nitrates, des substances à l'origine du développement des algues vertes sur notre littoral. Une réglementation de février 2011 a permis de multiplier par 5, la quantité de pesticides tolérée dans l'eau potable. L'agro-industrie est directement à l'origine de ces pollutions. Quelles mesures urgentes prendriez-vous pour remédier à cette situation calamiteuse ?
L'exploration et l'exploitation des gaz de gaz et pétroles de schistes constitue une menace sans précédent contre l'environnement en général et la ressource en eau en particulier, à la fois par les quantités prélevées et par la pollution qui en résulte. Malgré l'opacité entretenue autour des permis et des conditions d'exploitation, elle suscite un profond mouvement de résistance. Jusqu'à présent le gouvernement joue la montre et s'efforce de rendre acceptable l'inacceptable. Seriez-vous prêt à renoncer à cette filière insoutenable ? Et à plaider cette cause auprès de nos partenaires européens ?
Nous assistons à un rapprochement des groupes de l'eau et de l'énergie. C'est particulièrement vrai en France avec VEOLIA et EDF d'un côté et Suez et GDF de l'autre . Cette situation est préoccupante car elle conduit à la concentration entre de mêmes mains de la production et de la distribution de l'eau potable, de l'exploitation des barrages hydrauliques et des centrales nucléaires, fortes consommatrices d'eau. Demain ces grands groupes seraient ainsi en mesure d'arbitrer entre les différents usages de l'eau ; c'est pourtant une prérogative publique essentielle. Quelle action mèneriez-vous pour faire face à cette menace ?
En matière d’énergie comme d’agriculture, pouvez-vous envisager une transition économique et sociale qui s’appuie sur des solutions locales et soutenables de production dans le cadre d’une réduction de la consommation ?

mardi 20 mars 2012

Eau du robinet: Toujours plus de pesticides!

Communiqué de presse du MDRGF
Pesticides dans l'eau: Le ministère de la santé rend plus facile la distribution d'eau polluée par des pesticides au-delà de la limite de qualité.


Contexte :
La Directive 98/83/CE (1) est claire : au-delà de 0,10 •g/L (0.1 microgramme par litre) par substance pesticide individuelle ou de 0,50 •gL pour le total des pesticides quantifiés, la limite de qualité (2) réglementaire est dépassée. Mais, car il y a un mais, cela ne veut pas dire qu’au-delà de ces valeurs l’eau contaminée ne pouvait nécessairement plus être distribuée.

Un avis du Conseil Supérieur d’Hygiène Publique de France daté du 7 juillet 1998 prévoyait en effet qu’un programme renforcé de suivi de la qualité des eaux devait mis en oeuvre au-delà de ces limites. Cet avis prévoyait en outre, en interprétation de la Directive 98/83, que l’eau ne devait « pas être utilisée, ni pour la boisson, ni pour la préparation des aliments » si un pesticide s’y trouvait à une quantité supérieure à 20% d’une valeur appelée « valeurs sanitaires maximales », (V Max, définie par l’OMS), pendant plus d’un mois, ou si la teneur en pesticides dépassait ne serait qu’un jour cette V Max…toujours largement supérieure au 0.1 •g/L de la limite dite "de qualité".

Cette situation pouvait déjà paraître anormale puisqu’elle entérinait une situation dans laquelle on tolérait la distribution d’eau contenant des quantités de pesticides bien supérieures à la limite de qualité, au motif qu’elle ne présenterait pas de risque sanitaire au regard de la V Max.

Cette situation a encore empiré depuis la publication en catimini d’une instruction (3) de la direction Générale de la Santé le 9 décembre 2010, publiée au JO en février 2011. Cette instruction prévoit en effet que dorénavant, pour que des restrictions de distribution d’eau contenant des pesticides soit mises en place c’est 100% de la V Max du pesticide concerné qui devra être atteinte, quelle que soit la durée de l’exposition.

Qu’est-ce que cela change ? Un exemple simple permet de comprendre : Pour l’atrazine, pesticide très fréquemment retrouvé dans les eaux en France, la V Max est de 2 •g/L. Avant la note de 2010, dès la valeur de 20% de la V Max pendant plus d’un mois, soit 0.4 •g/L d’atrazine, pendant plus d’un mois, une interdiction temporaire de consommation était prononcée. Depuis la note de 2010, c’est 100% de la V Max, soit 2 •g/L d’trazine, qu’il faudra dorénavant dépasser pour voir l’eau interdite à la consommation, même si le dépassement dépasse 30 jours !
« Autrement dit : on va tolérer dans de très nombreuses localités des quantités de pesticides dans l’eau 5 fois plus importantes qu’avant décembre 2010 ! » déclare François Veillerette, porte-Parole de Générations Futures, ONG spécialisée dans la question des pesticides, qui s’insurge contre « une instruction du Ministère de la Santé passée inaperçue et visant à rendre plus commode la distribution d’eau pollué par des quantités de pesticides bien plus importantes qu’avant 2010. Ainsi pour un pesticide comme le folpet, pourtant classé cancérigène probable aux Etats-Unis, on va maintenant tolérer jusqu’à 300 •g/L pendant plus d’un mois alors qu’auparavant on ne pouvait dépasser les 60 •g/L pendant la même durée ! » proteste t-il.

Autre conséquence logique de cette nouvelle mesure dénoncée par Générations Futures : la baisse mécanique artificielle du nombre de personnes concernées par une présence excessive de pesticide nécessitant une restriction d’utilisation de l’eau. On est ainsi passé de 34 300 personnes touchées par ces restrictions en 2009 à 8939 en 2010 ! « Cette amélioration en trompe l’oeil n’est due qu’à une manipulation des valeurs de pesticides acceptées dans l’eau et pas à une véritable amélioration de la situation » proteste François Veillerette qui voit là « la preuve que les autorités publiques ont renoncé à améliorer la situation en changeant les pratiques agricoles en profondeur mais préfèrent changer les graduations du thermomètre que de faire vraiment baisser la fièvre ! ».
« Les candidats à l’élection présidentielle doivent se positionner et promettre de revenir sur ce changement de système qui va conduire à une exposition grandissante du public à des pesticides dangereux » Conclut il.

Source : http://www.generations-futures.fr/